Après la tempête, les chemins oubliés
C’était le 20 mars, premier jour de printemps. Une sortie course à pied entre Chambord et Cheverny, à côté du bureau, pour la pause de midi, tout près du château de Villesavin.
Et là : impossible d’avancer. Le GR31, habituellement très fréquenté, est aujourd’hui coupé, encombré, impraticable — séquelles directes de la tempête du 25 juin 2025, qui a ravagé de nombreuses parcelles forestières de Sologne. Les toitures ont été réparées. Les biens patrimoniaux ont mobilisé les énergies. Mais les sentiers, peu empruntés en hiver, sont restés en l’état. Les randonneurs, eux, commencent à arriver avec les beaux jours.
Un sujet qui dépasse largement la région et cet évènement ponctuel :
Cette situation locale illustre une question de fond que la sénatrice Christelle Herzog a posée au gouvernement : qui entretient vraiment les sentiers de randonnée, et avec quels moyens ?
La réponse du ministère des Sports, relayée par le Pôle Ressource National Sports de Nature, dresse un inventaire des outils existants — au premier rang desquels les PDIPR (Plans Départementaux des Itinéraires de Promenade et de Randonnée). Le GR31 concerné est d’ailleurs inscrit au PDIPR et au PDESI de Loir-et-Cher. Mais la réponse reste prudente sur les engagements nouveaux, ce qui laisse entière la question du soutien aux acteurs de terrain.
Car les enjeux sont réels et multiples :
- Financier et de gouvernance : l’entretien repose largement sur le bénévolat associatif et les petites communes, avec des capacités très inégales selon les territoires.
- Climatique : érosion, ravinement, modification des saisons de pratique — le changement climatique alourdit la facture et complexifie les interventions.
- Sécurité : un sentier mal entretenu engage la responsabilité des gestionnaires locaux.
- Coordination : communes, EPCI, départements, fédérations, associations, État — la multiplicité des acteurs sans pilotage unifié crée des angles morts dans la chaîne de responsabilité.
Un enjeu économique pour les territoires touristiques
Pour le Pays des Châteaux, pour Chambord, pour Tour-en-Sologne, le tourisme de nature n’est pas un supplément d’âme : c’est une composante essentielle de l’attractivité du territoire. Des sentiers impraticables en début de saison, c’est une image dégradée, des itinérants déçus, et une opportunité manquée.
C’est précisément sur ces questions — promotion des activités de nature, conciliation des usages, coordination des acteurs — qu’Incipit accompagne les décideurs locaux. Pas seulement pour valoriser les itinéraires, mais pour s’assurer qu’ils existent encore quand on en a besoin.
Vous êtes confrontés à ce type de situation sur votre territoire ? Parlons-en !
