INCIPIT – Pourquoi ce nom ?

Incipit est un mot latin, qui signifie « il commence ». Ce terme est utilisé en français pour désigner les premiers mots d’un récit, tels « Il était une fois » dans les contes, ou encore, « Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas », Albert Camus ayant écrit certainement un des plus connus, en ouverture de l’Etranger en 1942.

Plusieurs prononciations sont acceptées, selon le Robert, le Larousse ou l’Académie française. Chez nous, nous prononçons « In Keep It » (oui, nous utilisons l’anglais pour la prononciation d’un terme latin en français, pas de souci !)

-> Pourquoi ce choix de nom, porteur d’un sens particulier, pour un bureau d’études qui s’intéresse aux territoires et aux activités de nature ?

Tout d’abord par passion personnelle, la lecture m’a toujours permis de m’évader tout en nourrissant mes réflexions sur nos rapports au monde et à l’altérité. Mes genres préférés ont toujours été les récits de voyages et la science-fiction, qui permettent d’avoir, pour le premier, une véritable expérience, et donc le « vécu » d’un espace. La seconde permet au contraire de prendre une distance importante avec un sujet, le sortir de son contexte quotidien, pour en extraire les concepts et les analyser. La philosophie, la poésie, les littératures de l’imaginaire (science-fiction et fantasy notamment), revêtent bien souvent les atours des récits de voyage.  

En photo, quelques-uns des livres socles vers lesquels nous revenons souvent, qui sont quelques exemples de récits traitant de l’espace, qu’ils soient scientifiques, poétiques, philisophiques, imaginaires… Un jour, peut-être nous risquerons nous à l’exercice de la chronique !

Ensuite, toute gouvernance territoriale débute par un récit, qu’il soit d’anticipation, pour annoncer une vision politique, ou encore de promotion, pour faire vivre le territoire. Il est donc primordial de bien l’entamer.

-> Concernant le rapport entre un terme « littéraire » et l’aménagement du territoire : la distance prise entre la littérature, les sciences et les sciences sociales nous parait totalement artificielle, tant les unes alimentent les autres. Notre approche est holistique, un projet de territoire DOIT prendre en compte l’ensemble des composantes territoriales :

  • La réalité physique du terrain, avec ses vulnérabilités et ses attraits ;  
  • Les usages qu’il porte : agricoles, sportifs, industriels, récréatifs, culturels…
  • Enfin, et surtout : sa dimension culturelle, imaginaire, poétique, représentative. Prenons un exemple mondialement connu : l’Ouest des Etats-Unis est souvent présenté comme un ensemble d’espaces de légende. Si nous nous rapportons à l’étymologie de « légende », cela signifie : « ce qui doit être lu ». Difficile de faire plus explicite pour notre propos ! Revenons à notre exemple de l’ouest nord-américain : c’est une des régions du monde qui porte le plus de récits, qu’ils soient fictionnels ou non. Ces paysages ont bien été RACONTÉS.  Les westerns, par exemple, pouvaient être tournés en Andalousie. Malgré cela, l’imaginaire de l’ouest américain fonctionne totalement. Quand nous visionnons un film de Sergio Leone, c’est bien l’Amérique des pionniers qui vient en tête. Le récit réifie et propose une vision, et c’est bien pour ça qu’il est important de le comprendre, et si nécessaire le réinventer. Si nous nous rapportons à un objet spatial complexe, nous observons que la « nature » a longtemps été simplifiée à outrance, présentée comme un tout « sauvage » et donc à « dominer », à « exploiter » (nous parlons malheureusement encore ajourd’hui de « ressources naturelles »). Ça a été largement le parti-pris du XXème siècle. Aujourd’hui, la symbiose, voire la sanctuarisation est plus souvent évoquée, avec des usages qui doivent être variables dans le temps et dans l’espace. Bien que les adeptes du productivisme soient encore très nombreux. Les recherches et les appels à la mise en place de véritables droits pour les entités écologiques se multiplient, pour les rivières notamment. C’est notre rôle, en tant que cabinet de conseil aux collectivités, d’identifier ces enjeux, les confronter aux différents scénarios de projets de territoire, afin d’imaginer les espaces de vie de demain.

Enfin, l’acronyme que forme INCIPIT indique notre vision :

Itinérance

Nature

Conseils
et

Initiatives

Pour l’Innovation

Territoriale

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